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Hormonothérapie et cancer du sein

Hormonothérapie et cancer du sein

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L’hormonothérapie fait partie intégrante de l’arsenal thérapeutique déployé dans la lutte contre le cancer du sein.

Il s’agit principalement d’une thérapie adjuvante, destinée à réduire les risques de récidives après un traitement chirurgical et une radio-chimiothérapie.

Malgré ses résultats encourageants, l’hormonothérapie n’est pas efficace sur tous les cancers, mais seulement sur ceux qui y sont sensibles, dits cancers hormonodépendants.

 

L’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein, qu’est-ce que c’est ?

L’hormonothérapie est un traitement antihormonal destiné à réduire les risques de récidives d’un cancer en agissant sur les hormones susceptibles de stimuler sa croissance ou de favoriser sa réapparition. Bien qu’elle soit généralement prescrite en complément d’autres thérapies, l’hormonothérapie peut parfois constituer un traitement de première intention et se substituer tout à fait à la chimiothérapie.

Elle peut également être utilisée en amont d’une opération chirurgicale pour réduire la taille de la tumeur et faciliter une tumorectomie.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’hormonothérapie n’est pas un traitement récent, mais est utilisée depuis la fin du 19ème siècle pour traiter les cancers du sein à travers la castration chirurgicale, soit l’ablation des organes produisant les hormones sexuelles incriminées dans le développement du cancer. De nos jours, la castration chirurgicale demeure une thérapie antihormonale de choix, bien que, du fait de son caractère irréversible, les traitements médicamenteux lui soient souvent préférés.

Les médicaments d’hormonothérapie les plus utilisés sont les anti-œstrogènes chez les jeunes femmes préménopausées, et les anti-aromatases chez les femmes ménopausées. Le traitement est le plus souvent ingéré par voie orale sur une période d’au moins 5 ans, qui tend à se prolonger avec l’avancée de la recherche.

On considère en effet désormais que plus la durée du traitement est étendue, plus l’hormonothérapie est efficace.

 

Les différents traitements d’hormonothérapie dans la lutte contre le cancer du sein

On distingue deux types d’hormonothérapies pour traiter le cancer du sein : les traitements mécaniques, et les traitements médicamenteux.

  1. Les traitements mécaniques consistent à supprimer les hormones sexuelles à travers une opération chirurgicale : l’ablation des ovaires, aussi nommée ovariectomie. Cette option est plus rarement privilégiée du fait de son caractère abrasif et définitif, surtout chez les femmes jeunes et/ou sans enfants.
  2. Les thérapies médicamenteuses offrent une alternative à la castration perçue comme plus « douces » par bien des patientes, bien que ce type de traitements soit associé à de nombreux effets secondaires. Il existe trois types d’hormonothérapies médicamenteuses.

Les anti-œstrogènes viennent prendre la place des hormones sexuelles sur les récepteurs des cellules cancéreuses, empêchant ainsi leur stimulation et leur prolifération. Ce traitement est privilégié chez les femmes qui ne sont pas encore ménopausées, et est commercialisé sous le nom de tamoxifène.

Les anti-aromatases, ou inhibiteurs de l’aromatase, suppriment la production d’œstrogènes, facteurs de croissance des cancers hormonodépendants. Ils sont privilégiés chez la femme ménopausée, car peu efficaces chez les femmes fertiles. Enfin, les analogues de la LH-RH permettent de supprimer la production d’œstrogènes chez la femme non ménopausée. Ils sont privilégiés en cas de cancer du sein agressif.

 

Dans quels cas l’hormonothérapie est-elle indiquée pour traiter le cancer du sein ?

L’hormonothérapie est indiquée dans le cas de cancers du sein hormonodépendants, c’est-à-dire sensibles aux hormones sexuelles (œstrogènes et progestérones) qui agissent sur les cellules cancéreuses comme des facteurs de croissance. Cela concernant entre 60% et 70% des cancers du sein en France, ainsi que la majorité des cancers de la prostate chez l’homme.

Les médicaments antihormonaux vont alors permettre de neutraliser les hormones sexuelles pour priver les cellules cancéreuses de leurs stimulants.

Il faut toutefois noter que l’hormonothérapie n’est pas indiquée dans le traitement de tous les cancers du sein, même hormonodépendants.

Par ailleurs, les effets secondaires de ce type de traitement pouvant s’avérer particulièrement lourds, et la thérapie engendrant généralement une stérilité passagère ou définitive, certaines patientes peuvent le refuser ou l’abandonner en cours de route. Les jeunes femmes avec un désir de grossesse sont les plus enclines à rejeter l’hormonothérapie, ainsi que celles craignant les effets, parfois brutaux, d’une ménopause précoce sur leur corps, leur moral et leur qualité de vie.

Il revient à l’équipe médicale de définir les meilleures options de traitement en fonction du profil de la patiente et des caractéristiques de la maladie, notamment son stade d’évolution et son agressivité.

L’hormonothérapie est en perpétuel développement, avançant au rythme de la recherche dans la lutte contre le cancer du sein, fléau des femmes occidentales.

De nouvelles perspectives thérapeutiques sont aujourd’hui à l’étude, et la médecine entend se pencher sur la résistance aux traitements antihormonaux, notamment chez les patientes présentant des cancers métastatiques.

Questions réponses sur l’hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein

Pourquoi me prescrit-on une hormonothérapie ?

Certains cancers sont dits « hormono-dépendants », ce qui signifie que les cellules cancéreuses sont stimulées par les œstrogènes, hormones féminines ; on les combat donc en prescrivant un traitement anti-œstrogènes, ce qui est vraisemblablement le cas de votre tumeur. L’hormonothérapie est prescrite en cas de métastases ou pour les prévenir, car elle agit aussi sur des cellules présentes dans le foie, le poumon ou les os. Elle peut être indiquée en situation néoadjuvante, avant la chirurgie, afin de diminuer la taille de la tumeur et de permettre de conserver le sein, ou en situation adjuvante, après la chirurgie, pour réduire trois types de risques : la récidive sur le même sein, les métastases et le développement d’une tumeur sur l’autre sein.

Comment agit l’hormonothérapie ?

Le fait de parler de traitement « anti-œstrogènes » ne signifie pas que l’on supprime totalement la production d’œstrogènes, assurée par les ovaires avant la ménopause et par les glandes surrénales ainsi que le tissu adipeux après la ménopause. Certains médicaments comme le tamoxifène ou le fulvestrant bloquent les récepteurs aux œstrogènes ; d’autres, tels que l’anastrozole ou le létrozole, diminuent la production d’œstrogènes en inhibant l’aromatase, enzyme responsable de la transformation de certaines hormones en œstrogènes, avec une action limitée à l’après-ménopause. Enfin, des traitements comme la triptoréline ou la goséréline suppriment l’activité des ovaires, provoquant une ménopause précoce et l’arrêt des règles.

En quoi consiste ce traitement au quotidien ?

Il s’agit d’un traitement de long terme, généralement prescrit pendant cinq ans. Le tamoxifène et les inhibiteurs de l’aromatase se prennent sous forme de comprimé quotidien, et l’oubli d’un jour ou la prise accidentelle d’une double dose dans la même journée n’a pas de conséquence. Les agonistes de la LH-RH font l’objet d’une injection intramusculaire tous les trois mois, tandis que le fulvestrant nécessite une injection intramusculaire tous les 28 jours.

Quels sont les effets indésirables possibles ?

Les effets secondaires sont essentiellement des bouffées de chaleur et des douleurs articulaires, correspondant aux manifestations d’une ménopause franche en l’absence de traitement hormonal de substitution. Administrée avant la ménopause, la suppression hormonale entraîne une stérilité pendant toute sa durée : la contraception n’est donc pas nécessaire dans ce contexte, alors qu’elle l’est avec le tamoxifène. Ces traitements peuvent également entraîner des effets d’ordre gynécologique. Par ailleurs, les patientes présentant une prédisposition à l’ostéoporose bénéficient d’examens réguliers de densitométrie osseuse et d’une prise en charge adaptée.

SOURCES :

  1. https://soscancerdusein.org/
  2. https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/sein/les-traitements-des-cancers-du-sein/les-traitements-medicamenteux/hormonotherapie
  3. https://www.fondation-arc.org/traitements-soins-cancer/hormonotherapie/quest-ce-quun-cancer-hormono-dependant