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Syndrome Douloureux Post-Mastectomie

Le SDPM, Syndrome Douloureux Post-Mastectomie

La mastectomie, ablation totale du sein, est une opération chirurgicale qui intervient dans le cadre du traitement de plus d’un tiers des cancers du sein détectés chaque année en France. À la suite de cette intervention chirurgicale lourde, plus de la moitié des patientes ressentent des douleurs persistantes, un phénomène nommé Syndrome Douloureux Post-Mastectomie (SDPM).

S’il peut parfois provoquer une simple gêne, le SDPM engendre le plus souvent une grande souffrance chez des femmes déjà épuisées par leur longue lutte contre le cancer du sein.

 

La mastectomie, ablation du sein

Opération Institut du Sein Henri HartmannLa mastectomie est une opération chirurgicale non conservatrice, qui consiste à enlever un organe mammaire dans sa totalité.

Cette intervention est indiquée dans le traitement de nombreux types de cancers du sein, notamment lorsque la tumeur est particulièrement volumineuse proportionnellement à la taille du sein, lorsque sa localisation et sa forme rendent impossible une chirurgie conservatrice, ou lorsque plusieurs tumeurs sont présentes.

Il est important de préciser qu’une mastectomie est toujours complète, et que ce dont on entend parfois parler – à tort – comme d’une « mastectomie partielle » est en réalité une tumorectomie, ablation de la tumeur cancéreuse et des tissus environnants à travers une chirurgie cherchant à préserver les tissus sains.

La mastectomie peut prendre deux formes :

  1. La mastectomie simple, qui consiste en l’ablation du sein,
  2. La mastectomie radicale modifiée, qui consiste en l’ablation du sein et des ganglions axillaires.

La mastectomie simple est privilégiée lorsque le cancer est in situ et présente peu de risques d’avoir colonisé d’autres organes et tissus du corps.

La mastectomie radicale modifiée permet d’analyser les ganglions pour évaluer le degré d’extension du cancer dans l’organisme et définir un protocole de traitement adapté.

 

Le Syndrome Douloureux Post-Mastectomie (SDPM), qu’est-ce que c’est ?

Suite à une mastectomie, la patiente peut ressentir des douleurs localisées dans le thorax, ou dans le bras ou l’aisselle situés du côté où le sein a été enlevé.

Lorsque ces douleurs séquellaires persistent à distance de l’opération chirurgicale, il s’agit d’un Syndrome Douloureux Post-Mastectomie (SDPM).

Le SDPM peut être catégorisé selon quatre échelles de douleurs visant à mieux l’appréhender et le prendre en charge : léger, modéré, sévère et intense.

 

Les douleurs spécifiques au SDPM sont de nature neuropathique, c’est-à-dire qu’elles sont causées par des atteintes des nerfs, ces derniers n’étant pas enlevés lors de la mastectomie.

Typiquement, ces douleurs sont décrites comme des décharges soudaines, des sensations de « coup de poignard » ou des brûlures irradiant du côté opéré et, parfois, augmentées lors d’un effort physique ou à la palpation.

Certaines patientes décrivent également des engourdissements, des démangeaisons et des picotements d’une intensité variable, allant de la simple gêne aux douleurs insupportables.

À noter que le SDPM ne se limite pas aux femmes ayant subi une mastectomie, mais peut aussi toucher les femmes ayant subi une tumorectomie, quoique cela soit moins fréquent.

(SOURCE : https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/16101.pdf  & https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S162456871000096X )

 

Les causes du Syndrome Douloureux Post-Mastectomie

Les causes du SDPM ne sont pas encore bien connues, mais il apparait que certains types d’interventions chirurgicales pourraient favoriser son développement, notamment lorsque la mastectomie s’accompagne d’une ablation des ganglions lymphatiques.

Les tumorectomies localisées dans la région supéro-externe du sein et la zone axillaire sont aussi considérées comme plus à risque, quand, à l’inverse, la chirurgie du ganglion sentinelle ne provoque que rarement l’apparition d’un SDPM.

En définitive, il semblerait qu’une détérioration des nerfs consécutive à l’intervention chirurgicale, ainsi que la formation de tissus cicatriciels sur les nerfs suite à l’opération soient la cause de ces douleurs.

Les complications postopératoires, l’anxiété, une gestion de la douleur postopératoire inefficace et certaines techniques chirurgicales inadaptées ou mal réalisées sont suspectées d’intervenir dans la formation d’atteintes nerveuses et de tissus cicatriciels à l’origine du SDPM.

De fait, le moyen le plus efficace de réduire les risques de SDPM demeure de se tourner vers un chirurgien expérimenté, capable d’effectuer une mastectomie sans endommager les nerfs et en limitant les risques de provoquer la formation de tissus cicatriciels douloureux.

Un professionnel qualifié est aussi plus susceptible de mettre en œuvre un suivi postopératoire qualitatif, réduisant ainsi le risque de complications et de douleurs risquant d’engendrer des séquelles et pouvant favoriser l’installation d’un milieu inflammatoire propice au développement du SDPM.

Il faut aussi noter que les atteintes nerveuses à l’origine du SDPM pourraient être favorisées par des facteurs de risques indépendants de l’opération chirurgicale, tels que l’obésité ou le jeune âge de la patiente, la taille de la tumeur ôtée, et les traitements par radiothérapie ou chimiothérapie complémentaires.

Le Syndrome Douloureux Post-Mastectomie est difficile à traiter, mais il peut, dans la plupart des cas, être soulagé par des traitements antalgiques, corticoïdes, drainages lymphatiques, injections botuliques, ou à l’aide d’un lipomodelage.

Le meilleur moyen de s’en prémunir reste de prévenir son apparition en se tournant vers un chirurgien expérimenté, qui prendra soin de préserver les nerfs lors de la mastectomie ou tumorectomie et veillera à mettre en place un suivi postopératoire performant.