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Le cancer du sein controlatéral

Le cancer du sein controlatéral

À la suite d’un premier cancer du sein, il arrive qu’une seconde tumeur maligne touche l’autre sein, épargné par les premiers traitements. On parle de cancer du sein controlatéral puisqu’il s’agit d’un nouveau siège de tumeur, affectant le sein opposé à celui concerné par le 1er cancer.

 

Cancer du sein controlatéral : quels sont les risques ?

Si le pourcentage de guérison des patientes traitées pour un premier cancer du sein dit « à risque » augmente, il reste difficile de prédire l’apparition d’un cancer controlatéral. Certaines études tendent à démontrer que le risque de développer un nouveau cancer controlatéral est étroitement lié au stade de la première tumeur maligne mammaire. Son pronostic dépendrait également des données recueillies lors du premier cancer du sein.

Les patientes les plus à risque sont celles qui ont des antécédents familiaux de cancer du sein, ou les femmes qui présentent une mutation génétique. Pour ces femmes, le risque est même très important puisque 8 femmes sur dix présentant une mutation du gène BRCA1 risquent de développer un cancer du sein controlatéral au cours de leur vie.

 

L’ablation prophylactique du sein controlatéral

Afin de limiter les risques de survenue de cette pathologie, il est possible d’envisager une ablation du sein controlatéral prophylactique. C’est notamment le cas lorsque les traitements par chimioprévention (l’administration d’une chimiothérapie prophylactique) n’ont pas apporté de grands bénéfices aux patientes. Cette stratégie vise à limiter les chances de survenue d’une nouvelle tumeur dans l’autre sein.

Dans certains pays, comme les États-Unis ou les pays d’Europe du Nord, le recours à cette procédure est en constante augmentation. En revanche, dans les pays d’Europe du Sud et en France, cette technique connaît moins d’engouement puisqu’on estime que seulement 5 % des patientes subissent une mastectomie controlatérale préventive.

Les bénéfices de cette chirurgie préventive ne sont pas parfaitement établis. Certaines études se sont penchées sur les résultats pour tenter d’apporter des réponses et ainsi adapter les stratégies thérapeutiques en cas de bénéfice.

Il semblerait que l’ablation préventive du sein controlatéral ne soit bénéfique qu’à certaines femmes. Les plus jeunes patientes (âgées de moins de 60 ans) sont celles chez qui la chirurgie prophylactique présente le plus grand intérêt, sans que celui-ci soit très marqué. Selon une étude américaine, les résultats sont d’ailleurs plus probants chez les femmes de moins de 60 ans porteuses d’une tumeur classée ER- en anatomopathologie (récepteur d’œstrogène négatif).

 

La mastectomie controlatérale préventive – quels bénéfices?

Afin d’estimer les avantages d’une mastectomie controlatérale préventive sur le taux de survie à 5 ans, les chercheurs ont épluché les données de plus de 107 000 patientes traitées entre 1998 et 2003 pour un cancer du sein traité par mastectomie. Parmi ces femmes, 8 902 d’entre elles avaient subi cette chirurgie prophylactique dans le même intervalle de temps.

Les résultats de ces travaux démontrent que le bénéfice sur l’amélioration de la survie à 5 ans est minime et concerne seulement une petite partie de ces patientes.

La procédure est ainsi avantageuse pour les femmes âgées de 18 à 49 ans atteintes d’une tumeur ER- diagnostiquée à un stade précoce (stade I ou II). Cette catégorie de femmes ne représente que 10 % des malades porteuses d’un cancer du sein. Pour elles, le pourcentage de survie à 5 ans passe à 88,5 % après la chirurgie préventive (contre 83,7 % sans ablation prophylactique). Or, sans cette chirurgie, c’est aussi pour cette catégorie de patientes que les risques de cancers controlatéraux sont les plus élevés. Les bénéfices de la procédure sont donc étroitement liés avec l’élévation du risque de cancer de base.

Pour les patientes âgées de 50 à 59 ans, les chercheurs notent une amélioration de la survie à 5 ans chez les femmes porteuses d’une tumeur ER- de stade précoce ou d’une tumeur ER+ de stade avancé. En revanche, chez les femmes âgées de plus de 60 ans, ils ne notent aucune amélioration des chances de survie.

La chirurgie qui consiste à retirer le sein controlatéral de manière préventive ne représente donc pas de bénéfices pour toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein controlatéral. L’âge des patientes, le type de tumeur, son stade et ses caractéristiques sont à prendre en compte avant de décider de pratiquer cette intervention. Les différentes options thérapeutiques sont à discuter avec l’oncologue et le chirurgien gynécologue, en fonction de chaque patiente.