01.88.31.15.93

Secrétariat médical

Lundi au Vendredi de 8h à 20h

Fermé Samedi et Dimanche

48 ter Boulevard Victor Hugo

92200 Neuilly-sur-Seine

Suivez-nous

Les traitements de radiothérapie contre le cancer du sein

Les types de radiothérapie et leurs intérêts

4.7/5 - (4 votes)

Principaux points abordés dans cet article

La radiothérapie, traitement clé contre de nombreux cancers, comprend plusieurs techniques comme la radiothérapie externe, la curiethérapie et la radiothérapie métabolique. Des innovations comme la radiothérapie FLASH promettent des traitements plus rapides et moins toxiques. La radiothérapie adjuvante réduit les risques de récidive après chirurgie, tandis que la radiothérapie néoadjuvante, encore expérimentale, pourrait faciliter les interventions moins invasives et améliorer le contrôle local des tumeurs.

  • Radiothérapie : externe, interne (curiethérapie) et métabolique.
  • FLASH : technique innovante en cours d’évaluation.
  • Adjuvante et néoadjuvante : rôles distincts dans la prise en charge.

La radiothérapie est une arme thérapeutique centrale de la lutte contre la plupart des cancers, dont les cancers gynécologiques. En perpétuelle évolution, elle peut adopter différentes formes et poursuivre différents objectifs.

Alors que la radiothérapie externe et la curiethérapie existent depuis des décennies, elles font sans cesse l’objet d’innovations qui transforment peu à peu la prise en charge du cancer du sein. Asservie à la respiration, robotisée, ou encore associée à l’intelligence artificielle, la radiothérapie est maintenant combinée à des technologies de haut vol pour administrer des traitements toujours plus précis et efficaces.

 

Qu’est ce que la radiothérapie ?

La radiothérapie est un traitement qui consiste à administrer des rayons ionisants pour détruire les cellules cancéreuses. Ces rayons, complètement invisibles, impalpables et indolores, vont arracher des ions aux cellules qu’ils traversent, altérant leur ADN.

Les cellules ainsi détériorées ne parviennent plus à se multiplier et ne peuvent pas se réparer. En irradiant une tumeur cancéreuse, il est alors possible de ralentir ou de stopper son développement, voire de la détruire tout à fait. La radiothérapie ne relève pas seulement du domaine de la physique, mais elle fait aussi appel aux progrès de la technologie. Les nouvelles techniques de radiothérapie représentent, en effet, des exemples parfaits d’une application réussie de l’intelligence artificielle au secteur médical.

Il existe différents types de radiothérapie qui se différencient notamment par les techniques utilisées. On distingue notamment la radiothérapie externe, la radiothérapie interne et la radiothérapie métabolique.

Lire aussi notre article sur le rôle de l’IA dans la détection du cancer du sein

 

Intérêts de la radiothérapie externe

La radiothérapie externe est la technique la plus utilisée, mais aussi celle qui connaît le plus d’innovations technologiques. Elle consiste à irradier les cellules cancéreuses depuis une source de rayons extérieure. Les rayons ionisants doivent alors passer à travers la peau et les différents tissus de l’organisme jusqu’à atteindre la zone ciblée, à savoir la tumeur cancéreuse du sein- ou le lit opératoire après une tumorectomie.

Ce trajet est tout à fait indolore, mais les rayons abîment invariablement les tissus traversés, ce qui tend à provoquer des effets secondaires locaux pouvant être superficiels, comme des rougeurs cutanées, ou plus profonds, comme le poumon radique dans la prise en charge du cancer du sein.

La radiothérapie externe conformationnelle avec modulation d’intensité est la technique de radiothérapie externe la plus utilisée actuellement. C’est LA radiothérapie « traditionnelle ». Elle permet d’adapter les faisceaux de rayons au volume de la cible à irradier.

La radiothérapie externe stéréotaxique est une évolution majeure de radiothérapie externe, permettant d’offrir une précision accrue. Elle repose sur l’utilisation de multiples faisceaux de rayons convergents permettant d’administrer de plus fortes doses d’irradiations à de petites cibles.

La radiothérapie stéréotaxique est aussi nommée radiochirurgie, car son efficacité est parfois comparable à une ablation chirurgicale de la tumeur.

La radiothérapie stéréotaxique robotisée (CyberKnife©) est l’aboutissement de l’association entre radiothérapie et intelligence artificielle. Les faisceaux de rayons sont guidés par une intelligence artificielle et leur trajectoire est calculée en temps réel en fonction des mouvements de la cible.

De nouvelles techniques permettent désormais de guider la radiothérapie externe par imagerie médicale, ainsi que de l’asservir à la respiration.  Ces innovations revêtent un intérêt particulier dans la prise en charge des tumeurs d’organes très mobiles comme la prostate, et de ceux assujettis à des mouvements incontrôlables, comme c’est le cas du cancer du sein qui suit les mouvements respiratoires.

Dernière innovation en date, la radiothérapie FLASH, qui consiste à administrer des rayons ionisants avec un débit accru, afin de condenser une forte dose en une fraction de seconde. Bien qu’elle en soit aux prémices de son développement, cette innovation pourrait permettre à la fois de s’affranchir de la prise en compte des mouvements, mais également de réduire les dommages aux tissus sains.

Lire aussi notre article sur les signes et symptômes du cancer du sein

 

Intérêts de la radiothérapie interne, ou curiethérapie

La radiothérapie interne, aussi nommée curiethérapie, est un traitement qui consiste à placer des sources radioactives en contact direct avec les cellules cancéreuses ou le lit opératoire. Utilisée depuis plus de 150 ans, la curiethérapie est une arme thérapeutique redoutable contre la plupart des cancers gynécologiques, ainsi que contre le cancer de la prostate.

Elle est fréquemment administrée pour traiter les cancers des ovaires, de l’utérus et du col de l’utérus, souvent en association avec une radiothérapie externe. Ses intérêts sont multiples : elle permet notamment d’épargner davantage de tissus sains en ciblant avec plus de précision les tissus cancéreux.

À l’heure actuelle, la méthode la plus utilisée est la curiethérapie à haut débit de dose (HDR), qui consiste à introduire une source radioactive de petite taille dans un implant (applicateur) préalablement installé au plus près de la tumeur ou à l’intérieur de celle-ci.

 

Intérêts de la radiothérapie métabolique

La radiothérapie métabolique consiste à administrer un traitement de radiothérapie par voie orale. Rarement utilisée, elle est réservée à quelques cancers, notamment celui de la glande thyroïde. Pour ce faire, la substance utilisée est l’iode radioactif. La thyroïde étant une glande particulièrement gourmande en iode, elle va stocker naturellement l’iode radioactif avalé par le patient, ce qui engendre sa destruction progressive de l’intérieur.

La radiothérapie reste l’un des traitements les plus fréquemment utilisés – et les plus efficaces – pour lutter contre le cancer. Les innovations récentes dans ce domaine ont permis de mettre au point des techniques plus précises, plus efficaces et moins lourdes, susceptibles d’améliorer le pronostic des patients, mais aussi de sortir certains cancers, notamment récidivants, de l’impasse thérapeutique.

 

Radiothérapie FLASH : une avancée prometteuse

Parmi les innovations récentes en oncologie, la radiothérapie FLASH suscite un intérêt croissant. Cette technique expérimentale repose sur une délivrance ultra-rapide du rayonnement à très haute intensité, en quelques millisecondes seulement, contre plusieurs minutes pour une séance classique. Ce mode d’administration unique permettrait de cibler efficacement les cellules tumorales tout en épargnant davantage les tissus sains environnants.

Un double bénéfice : efficacité renforcée et moindres effets secondaires

Des études précliniques ont déjà mis en évidence un double bénéfice potentiel : une toxicité moindre pour les tissus sains et une efficacité thérapeutique équivalente, voire supérieure, à celle des traitements conventionnels. L’effet dit “FLASH” semble reposer sur des mécanismes biologiques encore en cours d’exploration, liés à la réponse des cellules saines à des doses très brèves mais intenses de rayonnement. Cela ouvre la voie à des traitements plus courts, plus tolérables, et potentiellement mieux adaptés à certaines localisations sensibles ou à des patients fragiles.

Radiothérapie FLASH : Technologie en phase d’évaluation clinique en France

En France, plusieurs centres de référence sont impliqués dans les recherches cliniques autour de cette technologie. L’arrivée des premiers équipements capables d’émettre ce type de rayonnement à des fins thérapeutiques marque une étape importante dans la mise en œuvre de la radiothérapie FLASH chez l’humain. Les essais cliniques actuellement en cours permettront de mieux définir les indications, les protocoles et les bénéfices concrets pour les patients atteints de cancers solides, notamment du sein, du poumon ou du cerveau.

Une promesse thérapeutique pour les années à venir

Bien que la radiothérapie FLASH ne soit pas encore disponible en pratique courante, son développement rapide témoigne d’un tournant technologique majeur dans le traitement des cancers. Elle incarne une nouvelle approche de la radiothérapie, plus ciblée, plus rapide, et potentiellement mieux tolérée. À terme, cette méthode pourrait s’intégrer dans les protocoles standards de prise en charge, en complément ou en alternative aux techniques actuelles.

 

Radiothérapie adjuvante et néoadjuvante : Rôles et indications dans le traitement du cancer du sein

La radiothérapie adjuvante est utilisée après une chirurgie mammaire, qu’il s’agisse d’une tumorectomie ou d’une mastectomie partielle ou totale. Son objectif est de détruire d’éventuelles cellules cancéreuses résiduelles dans la zone opérée ou les tissus environnants. Cette approche diminue le risque de récidive locale et améliore les chances de contrôle de la maladie sur le long terme. Elle est aujourd’hui un standard de prise en charge dans les cancers du sein de stade précoce, notamment chez les patientes ayant bénéficié d’un traitement conservateur.

L’irradiation du sein complet, parfois associée à un boost sur le lit tumoral, est la méthode la plus couramment utilisée. Des protocoles d’hypofractionnement, permettant de réduire le nombre de séances à cinq, ont récemment montré une efficacité comparable aux schémas conventionnels avec une toxicité modérée. Cette évolution améliore le confort des patientes, limite les déplacements et réduit la durée globale du traitement, sans compromis sur les résultats.

Radiothérapie néoadjuvante : une approche de plus en plus étudiée

Contrairement à l’approche adjuvante, la radiothérapie néoadjuvante est administrée avant la chirurgie. Bien que cette stratégie soit encore en cours d’évaluation pour les cancers du sein, elle suscite un intérêt croissant dans certaines situations spécifiques, notamment pour les tumeurs localement avancées, inflammatoires ou dans le cadre d’essais cliniques. L’objectif principal est de réduire la taille de la tumeur pour permettre une intervention chirurgicale moins invasive, tout en améliorant le contrôle local.

Des données émergentes laissent penser que cette approche pourrait s’avérer bénéfique en combinaison avec la chimiothérapie ou l’immunothérapie. La radiothérapie néoadjuvante pourrait également jouer un rôle dans la sélection des patientes les plus à même de bénéficier d’un traitement conservateur, notamment lorsque la réponse tumorale est significative. Toutefois, son utilisation reste aujourd’hui encadrée par des protocoles de recherche, et elle n’est pas encore systématisée dans la pratique clinique.